Chronique : King Of New York (de Richard Garfield)


Il y a 3 ans, les monstres s’attaquaient à Tokyo avec une belle réussite. Garfield revisitait le Yam’s avec un certain génie et offrait au monde un jeu apéro et accessible aux effluves enivrantes de jeu « gameur ». Après 2 extensions apparemment peu appréciées par Garfield lui même, les monstres reviennent pour s’attaquer a New York dans un système revisité, plus poussé ou les bases sont reprises de zéro.

744347

King of New-York est donc un jeu de dés dont le but est d’éliminer tous vos adversaires ou de devenir la star médiatique du moment en détruisant tout sur son passage… Enfin c’est quand même plus marrant d’éliminer tous vos adversaires mais ça c’est une question de goût. Jouable jusqu’à 6 joueurs (plus on est de fous, plus on rit est un adage qui fonctionne parfaitement avec ce jeu) de 8 ans et plus dans des parties d’une quarantaine de minutes. le concept est très simple. Les joueurs incarnent des monstres qui détruisent tout sur leur passage comme on peut en voir dans les films de Kaijù. Chacun commence avec 10 points de vie et 0 point de victoire. Le plateau de jeu se compose de 5 quartiers et vous pouvez choisir votre position de départ. A votre tour, vous lancez 6 dés au face plus ou moins exotique. Vous avez le droit à 3 relances comme vous le feriez au Yam’s. En fonction de votre tirage final, de nombreuses choses peuvent se produire. Les faces « Griffe » vous permettent de taper les monstres se situant à Manhattan si vous n’y êtes pas, ou au contraire de frapper les monstres qui ne se trouvent pas a Manhattan si vous y êtes. Les faces « Eclair » vous donnent droit à un petit cube vert, la monnaie pour pouvoir acheter des cartes offrant différents pouvoirs à la fin du tour. Les faces « Coeur » vous permettent de remonter votre vie lorsque vous avez subi trop de dégâts. Les faces « Bâtiment » vous permettent de détruire les tuiles bâtiments dans votre zone et de remporter les bonus inscrit sur la tuile. Cette tuile est ensuite retournée pour faire apparaître une Unité. De la même façon, les unités peuvent être détruites avec les faces « Bâtiment » et là encore un bonus est à la clé. Les faces « Ouch » activent les unités qui se trouvent dans votre zone et cela vous coûte un point de vie par unité présente. Enfin les faces « Etoile » vous rapportent un point de victoire lorsque vous réussissez à en réunir 3. Elles vous donnent droit aussi à la carte « Superstar ». En sa possession, chaque face « Etoile » vous rapporte 1 point de victoire supplémentaire. Une fois tous vos dés résolus, vous avez le droit de faire un déplacement dans un autre quartier. Lorsque vous attaquez le(s) monstre(s) à Manhattan, ceux-ci peuvent décider de fuir dans un autre quartier et vous êtes alors obligé de les remplacer. Mais si vous tenez bon et commencez votre tour à Manhattan, vous marquez des points de victoire supplémentaires. Problème, il est impossible d’utiliser les faces « Coeur » lorsque vous vous trouvez à Manhattan vous empêchant ainsi de remonter votre vie. Dès qu’un joueur atteint les 20 points de victoire ou réussit à éliminer tous les autres monstres, il emporte la victoire.

pic2039662_md

Le Feeling.
Si vous aviez apprécié King of Tokyo à l’époque, King of New York peut être une belle occasion de tenter de jouer à un jeu plus complexe où les dilemmes sont plus nombreux et où chaque décision est une prise de risque absolue. La grande nouveauté, ce sont les tuiles bâtiments disposées en 3 piles de 3 dans chaque zone. Elles peuvent rapporter de l’argent, des points de victoire ou de la vie mais en contre-partie, elles font venir l’armée qui va tenter de se débarrasser de ces monstres qui fracassent tout sur leur passage. Malin, les unités rapportent de moins bonnes récompenses que les bâtiments. Résultat, lorsque les joueurs ont le choix, ils donnent souvent leur préférence à la destruction des bâtiments. Choix qu’ils peuvent plus tard regretter, car à force de foutre le bazar, ils finissent par en payer le prix en devant s’acquitter de points de dommage qui auraient pu être évités en « nettoyant » les zones. Les parties deviennent donc beaucoup plus tendues, donnant ainsi une importance encore plus grande aux cartes dont les pouvoirs vont augmenter vos chances de marquer des points, de faire de gros dégâts à vos adversaires, ou encore de récupérer de la vie. Le jeu adresse donc le principal défaut de King of Tokyo : lorsqu’un joueur jouait les points de victoires sans monter à Tokyo, ils étaient difficile de lui répondre et de le rattraper (sinon avoir plus de chance que lui). Maintenant avec cette pression de la mort quasi-constante, la bataille pour la carte Superstar et la possibilité d’activer les unités dans toutes les zones de jeu, il est difficile d’échapper à vos adversaires. Le côté baston brutale est d’autant plus fort et pertinent. Mais surtout, c’est la sensation de prise de risque qui est exaltée et les montées d’adrénaline n’en sont que plus fortes.

pic2039684_md

Conclusion.
L’esprit de King of Tokyo est vraiment respecté à la lettre mais désormais chacune de vos décisions est d’une importance capitale (dans le sens « peine capitale »). Plus poussé, l’équilibre entre les 3 grandes stratégies (Taper, marquer, acheter) s’en trouve mieux balancé. Jeu de prise de risque, King of New York fait régner la terreur d’être éliminé à la table de jeu.

Publicités

Une réflexion sur “Chronique : King Of New York (de Richard Garfield)

  1. Le jeu est définitivement plus offensif que le précédent opus, ce qui empêche effectivement grandement le camping des joueurs qui cumulent les points de victoire dans un coin mais ça fait ressortir la frustration de se faire éliminer de la partie si on n’arrive pas à récupérer de la santé rapidement (à la bonne grâce des dés).
    L’achat de cartes est également plus important que dans le précédent, je me demande encore si c’est parce que leur effet est plus important ou si la mécanique de jeu les prend davantage en compte.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s