Chronique : Swing Copters (de Dong N’Guyen)


Qui n’a pas rêvé de s’envoler haut dans le ciel à l’aide d’un chapeau hélicoptère ? Même si, pour cela vous devez éviter des plate-formes armée de marteaux qui se balancent ? Même si votre engin de vol est quasiment incontrôlable et vous mènera au crash quoiqu’il arrive ? Apparemment tout le monde. Même.

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Swing Copters est le nouveau jeu de Dong N’Guyen qui avait crée une énorme polémique dans l’industrie du jeu vidéo l’année dernière avec Flappy Bird. Son jeu était soi disant une copie de Mario et de Piou Piou. Et alors ? Est ce qu’il vous arrive de critiquer Call of Duty pour être une copie de Medal of Honnor ? Et Battlefield est-il une copie de Call of Duty ? L’histoire du jeu vidéo est une suite de copie de copie de copie… Mais personne n’en a jamais fait une telle affaire.

Avec Swing Copters, Dong N’Guyen semble vouloir enfoncer le clou. Le jeu est encore plus dur et incontrôlable que pouvait l’être Flappy Bird. Un petit personnage tente de s’élever dans les airs à l’aide d’un chapeau à pâles. A chaque fois que vous tapez l’écran, il change de direction. Au dessus de lui, il doit éviter des marteaux se balançant, accrochés à des plate-formes ne laissant qu’un espace réduit pour passer. Dans l’esprit, le jeu ressemble énormément à Flappy Bird mais avec une difficulté encore plus radicale. Celle ci réside dans le fait qu’il faut taper l’écran sans prendre un rythme particulier car il vous enverra fatalement dans le décor.

Car les contrôles de votre personnage sont particulièrement surprenant. Lorsque vous changez de direction, c’est un peu comme si vous inversiez la gravité, tant celle-ci pourrait être horizontale plutôt que verticale. C’est à dire que lorsque votre personnage change de direction, il commence d’abord par ralentir avant d’inverser sa direction et d’accélérer soudainement. Si vous tapez trop tard, votre personnage a déjà pris trop de vitesse et va s’encastrer contre les limites de l’écran, si vous tapez trop tôt, il va repartir dans la direction opposée sans avoir perdu assez de vitesse et ré-accélérer immédiatement. C’est très bizarre au départ, mais tout le défi du jeu se situe dans le fait de réussir à amadouer cet engin facétieux.

Et de la même manière qu’avec Flappy Bird, l’alchimie finit par prendre. La formule est la même : l’apparente simplicité du défi proposé cache en fait une difficulté extrême rendant tout échec précaire inacceptable et motivant le joueur à recommencer immédiatement. La brièveté des parties rendant la chose particulièrement addictive. Ainsi, tout score dépassant 2 chiffres devient immédiatement une fierté, poussant les uns à s’en vanter et les autres à tenter de le battre par tous les moyens. Tous les ingrédients du jeu viral / passe-temps sont là et devrait lui assurer un joli succès.

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On notera quand même quelques petites entorses à la philosophie « Boudhiste » de Flappy Bird. A l’époque, l’oiseau apathique s’était fait remarquer par sa radicalité dans une industrie qui formatait de plus en plus ses produits. Ici pas de succès, pas de difficulté progressive, pas de récompense, pas de mode de jeu. Un jeu dans sa plus simple expression. Beaucoup pensait qu’un produit avec aussi peu de contenu ne pouvait pas avoir de succès et sans doute même que son auteur n’a jamais pensé faire le buzz avec. Et pourtant, Flappy Bird s’est très vite retrouvé tout en haut des charts, entraînant un déluge de copies plus ou moins réussies, et faisant vaciller les convictions d’une industrie convaincue d’avoir évolué dans le bon sens. Pour Swing Copters, on voit pourtant apparaître des traces de récompenses. Lorsque votre score sera assez élevé, vous gagnerez des médailles et pourrez changer la couleur du chapeau de votre personnage. Ce qui pouvait apparaître comme une prise de position extrémiste dans Flappy Bird pourrait finalement n’être qu’une volonté de faire un jeu simple…

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Conclusion.
Swing Copters n’a rien de génial. C’est un bête Flappy Bird-like à la difficulté encore plus extrême. Il faut pourtant reconnaître que son manque d’ambition dans la réalisation n’en fait pas moins un jeu extrêmement efficace, jouant sur les faiblesses de la nature humaine en provocant l’amour propre et en exaltant le défi. Nouveau Pied de nez pour l’industrie, il tend à conforter le succès inattendu de Flappy Bird et pourrait changer les mentalités des développeurs sur mobile pour les prochains mois.

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