Chronique : Blue Estate (de Viktor Kalvachev – Hesaw)


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Adapté d’un comic américain de Viktor Kalvachev, Blue Estate le jeu vidéo vous plonge dans un univers digne des films de Quentin Tarantino pour l’humour et la violence, et de John Woo pour les gunfights ultra chorégraphiés . Des filles sexy, des protagonistes complètement barrés, des intrigues farfelues et un humour féroce et carnassier font de ce rail shooter un jeu vraiment spécial.

Blue Estate est donc un rail-shooter (vous ne contrôlez pas vos déplacements, mais juste le viseur pour tirer sur vos ennemis) qui vient donc de sortir sur PS4, jouable uniquement grâce au gyroscope de la Dual Shock 4. Il devrait aussi voir le jour sur Xbox One grâce à Kinect. Le projet était à la base développé pour PC avec Leap Motion, mais il est évident que sortir sur les consoles « nouvelle génération » est une bonne opportunité d’augmenter la visibilité du projet. Si ce genre de jeu ne vous rappelle que des souvenirs nostalgiques qui n’ont plus lieu d’être en 2014, sachez que Blue Estate profite d’une réalisation vraiment impressionnante qui pourrait bien vous faire changer d’avis.

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Tout d’abord les contrôles sont surprenant de précisions et d’ergonomie. Le viseur se déplace au gré des mouvements de votre manette au doigt et à l’œil. Peut-être même tellement précis, qu’une légère assistance à la visée vous permet de stabiliser votre viseur. Seul petit défaut, celui-ci a tendance à se décaler avec le temps, obligeant les développeurs à ajouter un bouton qui permet de le recentrer à l’écran. C’est malheureusement une contrainte technique incontournable sur les gyroscopes et je reconnais que si elle peut sembler ennuyeuse à brûle pourpoint, en jeu, recentrer le viseur devient une habitude aussi mécanique que recharger son arme.
Vous devez donc jongler entre les mouvements de la manette, la gâchette gauche pour recharger, la gâchette droite pour tirer et le bouton de tranche à gauche pour recentrer votre viseur. A savoir que la gâchette de tir ne permet pas de recharger par défaut lorsque votre chargeur est vide, il est donc important de s’habituer à faire l’effort de recharger réellement manuellement votre arme régulièrement. C’est un choix design intéressant pour un jeu de réflexe car s’il augmente légèrement la difficulté, il donne aussi un peu plus de profondeur au gameplay.
Reste le pavé tactile qui est utilisé pour toutes les actions exotiques demandées au joueur durant l’aventure. Là encore, c’est une excellente idée qui permet de varier encore un peu plus les situations de jeu en demandant des « mouvements » différents sur le pavé tactile pour activer des mécanismes, faire des esquives ou « nettoyer » l’écran du joueur lorsque sa visibilité est entachée.

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Le Feeling.
Pour commencer, cela faisait un bout de temps que je n’avais pas joué à un Rail-Shooter, genre un peu galvaudé par les possibilités offertes par des machines de plus en plus puissantes. Ici, le choix est parfaitement assumé et compensé par une mise en scène du tonnerre ! De nombreuses techniques narratives permettent de raconter l’histoire de plusieurs points de vue. D’abord, les « cinématiques » qui introduisent chaque niveau tout en séquence animé tel une bande dessinée qui prendrait vie. Il est possible de passer en avance rapide ces séquences lorsque vous recommencez un niveau déjà fini.
Ensuite, une voix-off qui semble être celle d’un détective privée qui racontent les évènements avec un peu trop d’engouement. Des inserts graphiques du FBI viennent d’ailleurs régulièrement remettre les choses au point. Cela donne l’impression de regarder un document vidéo, monté, qui permet de justifier tous les gimmicks de mise en scène : pause, ralenti, jeu dans le jeu. Enfin, la voix du héros rythme vos actions et ajoute énormément d’humour aux différentes scènes. Soulignons la qualité du jeu des acteurs (en anglais, mais sous-titré en VF) vraiment excellente.

En ce qui concerne le gameplay, là encore c’est un sans-faute. Des cercles jaunes concentriques indiquent vos cibles prioritaires (celles qui vont vous faire des dégâts) et évidemment tout est fait pour que cela ne soit pas celle que vous auriez forcément sélectionnée en premier, instaurant un dilemme permanent à votre cerveau reptilien. Quelques bonus apparaissent aussi à l’écran : de la vie et des munitions à récupérer, car si votre arme de base possède les munitions infinies, il n’en est rien pour celle que vous pourrez récupérer durant le niveau. Fusil à pompe et Mitraillette donnent droit à des séquences particulièrement jouissives au rythme ultra intense avec un sentiment de puissance exacerbé. De temps en temps, des cibles de « Slow Mo » permettent de ralentir l’action pour rendre le tout encore plus spectaculaire. A votre avantage aussi, certains passages proposent des covers afin de se protéger des tirs adverses. Un gros icône apparait en bas de l’écran pour vous signaler cette possibilité. Pour augmenter la difficulté, Tony le héros des premiers niveaux, doit constamment se battre avec ses cheveux récalcitrants qui n’arrêtent pas de lui boucher la vue, vous devez donc régulièrement utiliser le pavé tactile pour dégager votre vision. Si les premiers niveaux restent assez facile, un jeu de réflexe s’instaurent au fil de votre progression aiguisant vos sens et votre perception générale.
Le travail d’interface à lui aussi été bien effectué. Le nombre de munition apparait sur votre viseur et celui-ci change de couleur lorsque vous êtes a quelques balles de devoir recharger. Le score apparait nettement à l’écran et enchainer les meurtres permet de faire monter une jauge de combo qui multiplie votre score de manière de conséquente. De manière général, la réalisation est vraiment de grande qualité. Graphiquement, le jeu est assez joli avec une direction artistique que j’imagine proche du Comic mais qui rends bien à l’écran. La puissance de la PS4 n’est sans doute pas poussé dans ses derniers retranchements mais on est dans le haut du panier pour ce type de jeu avec un décor destructible et toute une série d’effets bien sympathiques (éclats de toutes sortes, brouillard, nuage de sang) pour l’ambiance.

Pour les plus acharnées, il y a de nombreux d’objets spéciaux à « collectionner » et plusieurs niveaux de difficulté assurant une rejouabilité assez satisfaisante. Le système de score assure une très bonne granularité et une vraie sensation de progression. En effet, les ennemis abattus juste avant qu’ils ne tirent donnent encore plus de points, laissant le joueur décider du niveau de risque qu’il est prêt à prendre pour exploser son score précédent. De plus, il est possible de jouer à 2 dans un mode à la fois coopératif (aller le plus loin possible ensemble) mais aussi compétitif (qui fera le meilleur score).

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Conclusion.
Blue Estate ne pourrait être qu’un Rail-Shooter de plus, mais il tire son épingle du jeu avec un niveau de réalisation assez incroyable. La narration, complexe et originale, offre une plongée dans l’univers de Blue Estate particulièrement réussi. Le gameplay, à la fois exigeant et gratifiant, procure la sensation de vivre les meilleures séquences des films de John Woo grâce à des contrôles qui se révèlent vraiment pertinent une fois pris en main. L’humour enfin, osé, mais rafraîchissant et typique d’une liberté de ton qui fait plaisir à voir et qu’on aimerait rencontrer plus souvent.

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