Chronique : Splendor (de Marc André)


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Les marchands de la Renaissance sont avides de gloire et de fortune. Ils exploitent des mines de pierres précieuses, tentent d’acquérir des moyens de transport et avec un peu de bol vont attirer un noble chez eux. Vous voyez pas le rapport ? Moi non plus, mais le plus important dans Splendor, c’est que le thème : On s’en fout.

Le Gameplay.
Splendor est un jeu de gestion pour 2 à 4 joueurs jouable à partir de 10 ans pour des parties de 30 minutes. La matériel se compose de 7 jetons de chaque couleur (rouge, vert, bleu, blanc, noir), 5 jetons jaunes (dits jokers puisqu’ils remplacent n’importent quel couleur de jeton), de 40 cartes de niveau 1, 30 cartes de niveau 2, 20 cartes de niveau 3 et enfin de 10 tuiles Nobles.

Pour préparer la partie, dévoilez 4 cartes de chaque niveau et tirez au sort 5 tuiles Nobles (pour une partie à 4 joueurs) pour former le marché central. Votre tour se résume en un choix parmi 3 actions possibles : prendre des jetons (soit 3 jetons de couleurs différentes, soit 2 jetons de même couleur), acheter une carte (en payant avec vos jetons) ou réserver une carte puis prendre un jeton jaune (il s’agit de prendre la carte dans sa main et de la payer un prochain tour). A chaque fois qu’une carte est achetée ou réservée, elle est posée devant vous et immédiatement remplacée par une carte de même niveau sur le marché central. La couleur de la carte achetée rapporte une réduction permanente en jeton sur vos prochains achats. A la fin de chaque tour, vérifiez si vous n’avez pas droit à une carte Noble. Pour cela, il suffit d’avoir en sa possession les bonnes couleurs de cartes indiquées sur la tuile.

Le premier joueur avec 15 points de prestige déclenche la fin de partie (on termine le tour dans un soucis d’équité). Ces points se trouvent essentiellement sur les cartes de niveaux 3 et sur les tuiles Nobles, mais aussi sur certaines cartes de niveaux 1 ou 2.

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Le Feeling.
Attention Splendor est un jeu très froid, uniquement centré sur sa mécanique. Cela peut rebuter au premier abord mais il faut aussi savoir aller un peu plus loin. Là où le jeu est très réussi, c’est dans la fluidité presque cristalline de son gameplay. Les premières parties ont éveillé en moi le même plaisir que lors de ma découverte de Dominion, même si le thème est encore moins présent -un véritable exploit- que dans ce dernier. L’avantage de cette neutralité thématique, c’est que le jeu s’adresse vraiment à tout le monde. Vous pouvez l’expliquer en moins de 5 minutes et les possibilités stratégiques apparaissent très vite.

Les couleurs de cartes ont beau être réparties équitablement dans chaque paquet, le tirage va faire apparaître des couleurs plus rares et des couleurs plus abondantes. Il va donc falloir se positionner le plus habilement possible sur vos prises de jetons pour tenter d’avoir ces couleurs rares. L’action « Réserver une carte » permet de griller la politesse à un joueur qui aurait déjà les ressources nécessaires pour acheter une carte ; la contre partie étant qu’il faut 2 tours pour pouvoir la poser (réserver puis payer lors d’un prochain tour). Cela peut sembler un gros désavantage et cette action est donc balancée avec la prise d’un jeton jaune (Joker qui remplace n’importe quelle couleur) qui encourage les coups de Trafalgar. De même que les cartes, les jetons en nombre limité vont eux aussi subir des fluctuations de disponibilité. Il y a donc de nombreux moyens de bloquer les autres joueurs en leur supprimant les ressources qu’ils visent ou en réservant les cartes avant qu’ils n’aient pu les payer. Évidemment les cartes de niveau 1 sont plus faciles à acheter que les cartes de niveau 2 et ainsi de suite. Le but est de créer le moteur qui vous permettra d’acheter de nouvelles cartes de plus en plus facilement grâce à la réduction qu’elles offrent.

La présence des Nobles encourage d’acheter au niveau 1 (même si ces cartes valent rarement des points) car les Nobles demandent beaucoup de cartes posées devant soi. Ce sont des points « bonus » dans le sens où un Noble ne demande pas d’action particulière pour être pris. Lorsque vous avez la bonne collection de cartes devant vous, vous les prenez automatiquement. Les cartes de niveau 3 sont une autre alternative à la victoire, car elles peuvent rapporter beaucoup de points, mais il faut trouver le moyen de payer leur coût souvent élevé. Il est aussi possible de faire des combos destructeurs en visant une carte niveau 3 qui vous donnera droit à une tuile Noble dans le même tour. Gardez un oeil sur le jeu de vos adversaires, essayez d’anticiper leurs actions pour les mettre dans l’embarras mais n’oubliez pas que vos actions doivent aussi servir votre stratégie !

Le jeu est tellement bien ficelé que les parties sont souvent très serrées avec des scores qui se tiennent dans des mouchoirs de poche en fin de partie. Le matériel est en plus de bonne facture avec des jetons bien épais comparables à des jetons de poker de qualité. La direction artistique est un peu plan-plan et subit l’absence de thème fort. Le temps de jeu qui dépasse rarement les 30 minutes donne envie de rejouer et chaque partie demande aux joueurs de s’adapter au tirage de cartes pour trouver une stratégie gagnante.

Conclusion.
Splendor est un jeu très réussi pour tous ceux qui se passeront aisément d’un thème fort. Son plus grand atout réside dans l’excellent rapport entre une explication de règle très courte et une profondeur stratégique très grande.

Splendor est disponible sur Philibert pour la modique somme de 26€.
Vous pouvez y trouver les règles en pdf ici.

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Une réflexion sur “Chronique : Splendor (de Marc André)

  1. Si on veut pousser les mécaniques de Splendor plus loin, on peut également jeter un oeil sur Viceroy édité en français par Funforge et en anglais par Mayfair.

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