Chronique : GOSU Tactics (de Kim Sato)


JDS - 5-84 gosu 2nd -1
Alors que les tambours de guerre résonnent, des armées de gobelins se préparent pour le combat. Les prophètes avaient prévenu que la paix ne pourrait pas durer éternellement et maintenant l’étincelle du conflit a embrasé toute la région. Le temps est venu pour les seigneurs de guerre de rétablir à nouveau l’équilibre des forces afin que le calme règne à nouveau. Mais pour cela, il n’y a pas d’autres moyens que d’exterminer l’ennemi.

Gosu-Tactics--Sol

Le Gameplay.
GOSU est un jeu de cartes de 2 à 4 joueurs (2 joueurs étant l’idéal à mon sens) dont les parties durent une trentaine de minute. le jeu est composé de 75 cartes réparties en 5 factions de gobelins : les Gobelins de Feu (Rouge), les Alpha Gobelins (Vert), les MekaGobelins (Bleu), les Sombres Gobelins (Noir) et les Anciens Gobans (Blanc). Chacune de ces factions est elle-même divisé en 3 niveaux de gobelins différents : les Bakutos (Niveau 1), les Héros (Niveau 2) et les Ozekis (Niveau 3). Une partie de GOSU se joue en plusieurs rounds. Le premier joueur à gagner 3 rounds remporte la partie. Il est aussi possible de gagner grâce à des conditions de victoire alternatives que nous verrons plus tard. Chaque joueur pioche 10 cartes et en défausse 3 pour composer sa main. A votre tour, vous devez faire 1 action parmi 3 différentes : poser un gobelin, muter un gobelin, passer son tour.

Poser un gobelin consiste à prendre une carte de votre main et de la poser sur la table. Vous devez forcément commencer par poser un gobelin de niveau 1 et vous pouvez aligner jusqu’à 5 gobelins de même niveau. Le premier niveau 1 est totalement gratuit, les suivants vous coûtent 2 cartes de votre main s’il est d’une couleur que vous n’avez pas encore posé. Pour pouvoir poser un niveau 2 (au dessus de la ligne des niveaux 1 que vous avez constitué), vous devez avoir au moins un niveau 1 de la même couleur. Pour pouvoir poser un niveau 3 (au dessus de la ligne des niveaux 2 que vous avez constitué), vous devez avoir au moins un niveau 1 et un niveau 2 de la même couleur.
Muter un gobelin permet d’échanger un gobelin déjà posé contre un nouveau gobelin de même niveau (mais pas forcément de même couleur) à condition de payer le coût de mutation (en cartes) indiqué sur le gobelin dont vous voulez vous débarrasser.
Passer son tour est définitif pour le round. Vos adversaires peuvent jouer 3 tours maximum avant la fin définitive du round.

A chaque fois qu’un nouveau gobelin intervient en jeu, il peut déclencher un ou plusieurs effets : un effet à la pose, un effet dit de link ou/et un effet de mutation. Les effets à la pose s’effectue lorsque le gobelin arrive en jeu, les effets de mutations lorsque le gobelin quitte le jeu pour être muter et les effets de link se déclenchent lorsqu’un gobelin de la même couleur vient se placer à une position adjacente (directement à gauche, à droite, en haut ou en bas) de ce gobelin. Enfin les effets peuvent être de 7 natures : Détruire des gobelins, Emprisonner des gobelins, Faire défausser un joueur adverse, Piocher des cartes, Révéler un certain nombre de cartes pour en choisir un certain nombre, Reprendre des cartes depuis la défausse et enfin Récupérer la carte Avantage (qui casse les égalités et détermine qui commence le prochain round).
A chaque fin de round, on calcule la valeur d’armée de chaque joueur. Chaque Bakutos vaut 2 points, chaque Héros vaut 3 points et chaque Ozekis vaut 5 points. Le joueur avec la plus grande valeur d’armée remporte le round et le jeton de victoire qui va avec. On redistribue alors des cartes à chaque joueur de manière a ce qu’ils aient 7 cartes en main moins le nombre de jetons de victoire qu’ils possèdent.

img-1355988789.50d2bf353c586

Le Feeling.
GOSU est un jeu de combo à la fois tactique et stratégique. Les cartes et les mécaniques de jeu ont été pensés pour créer des chaines d’effets qui vous permettent de faire grandir votre armée ou de réduire l’armée de votre adversaire. Chaque tour offre son lot d’opportunités qu’il va falloir saisir tout en sachant faire preuve de souplesse. N’hésitez pas à changer votre fusil d’épaule au fur et à mesure que la partie se déroule.

Plusieurs options s’offrent à vous en début de partie : jouer peu de couleurs différentes, ce qui réduit vos options pour poser des niveaux 2 ou 3 mais qui vous coutera moins cher en nombre de carte à défausser ou jouer beaucoup de couleurs, ce qui vous coutera très cher au début mais pourra s’avérer très efficace plus tard puisque vous pourrez poser vos niveaux 2 puis vos niveaux 3 plus facilement. A vous de voir si votre main de départ vous permet de mettre en place un moteur de pioche efficace ou pas.

Chaque clan est évidemment spécialisé dans un style de jeu. Les Gobelins de Feu sont sans doute les meilleurs pour détruire du gobelin, les Anciens Gobans et les Alpha Gobelins sont parfait pour aller chercher des cartes dans la pioche, les MekaGobelins jouent pas mal avec la défausse et permettent de rejouer assez souvent, et les Sombres Gobelins emprisonnent à tour de bras et profite d’un système de mutation plus avantageux. Le jeu s’avère être un casse tête redoutable pour associer les effets entre eux et vous rapprocher ainsi de la victoire.

Mais ce qui peut sembler comme un jeu uniquement tactique s’avère être aussi assez stratégique ! Car 2 conditions de victoires alternatives s’offrent à vous et peuvent orienter vos décisions tout au long du jeu. D’abord si vous complétez votre armée (3 lignes 5 colonnes) vous gagnez instantanément la partie. De même si vous arrivez à poser 9 cartes de la même couleur. La défausse prends alors une importance considérable. D’abord parce qu’elle est visible et qu’une carte qui s’y trouve peut vous intéresser. Vous pouvez alors trouver un moyen de la récupérer en posant des gobelins qui vont chercher des cartes dans la défausse. Elle vous indique aussi si votre adversaire va pouvoir finir son armée rapidement ou pas. S’il lui manque 1 ou 2 niveau 3, il n’y a pas de mystère. S’ils ne sont pas dans la défausse ou dans votre main, ils se trouvent forcément soit dans la pioche, soit dans la main de votre adversaire.  A vous de jauger les chances que votre adversaire les pioche rapidement ou pas, et de prendre les mesures adéquates : détruire des gobelins adverses ou emprisonner les couleurs stratégiques afin d’empêcher la pose d’un gobelin de niveau supérieur. Car lorsque vous emprisonnez un gobelin, vous retournez la carte et votre adversaire ne peut plus s’en servir pour aucune raison (poser un gobelin de niveau supérieur de la même couleur, utiliser ses pouvoirs, compter ses points dans votre score à la fin du round). Ces conditions de victoire alternatives sont vraiment très importantes car la plupart des parties s’achèvent par l’une d’entre elles.

Pensez aussi à la position de vos cartes. Les effets de link peuvent vraiment s’avérer dévastateur si vous en faites bon usage. Une carte bien placée peut vous permettre d’activer de nombreux effets. Par exemple muter un gobelin qui fait piocher 1 cartes lors de sa mutation, le remplacer par un gobelin qui vous permet de faire défausser votre adversaire lors de son arrivée en jeu et activer un effet de link d’un gobelin juste à coté de lui qui vous permet de rejouer. Les retournements de situation restent nombreux et une partie de GOSU reste excitante tout du long.

Gosu-Tactics--Seconde-Edition

GOSU 2ème édition.
GOSU Tactics est en fait la 2ème édition de GOSU sortit 2 ans plus tôt lui même suivi d’une extension en 2011. Avec GOSU Tactics, c’est un peu toute la série qui repart à 0, ce nouvel opus n’étant pas compatible avec les autres. Le premier GOSU était déjà un jeu que j’avais beaucoup apprécié à l’époque, à la fois pour son thème, pour sa direction artistique magnifique, pour la qualité du matériel mais un peu moins pour son game design que je trouvais inabouti. Toutes les idées que j’ai décrites un peu plus haut était bien là et le feeling des premières parties étaient sensationnel mais malheureusement le jeu s’est avéré quelques peu boiteux sur la longueur. La mécanique du +1 notamment permettait à un joueur d’augmenter un effet à partir du moment où son adversaire avait gagné plus de round que lui. Cette idée de « catch up » était nécessaire car le premier GOSU ne vous permettait pas de repiocher entre les rounds et forcément un joueur qui avait gagné un round aurait pu avoir un avantage décisif dans la partie… Mais les +1 inversait complètement la situation et il devenait plus avantageux de perdre une manche pour jouer ses cartes +1 lors de la 2ème manche. Ce qui engendrait des situations assez bizarres ou les joueurs tentaient de perdre la 1er manche absolument. GOSU Tactics remet tout à plat et corrige ce problème de la plus simple des manières. Les +1 disparaissent et les joueurs sont autorisés à piocher en fin de round afin de compléter leur main jusqu’à 7 cartes moins leur nombre de jetons de victoire gagnés. Ce qui donne un très léger avantage au joueur à la traine mais qui n’est pas assez motivant pour perdre exprès la 1er manche.

GOSU Tactics bénéficie aussi d’une remise à plat au niveau des effets. Dans la 1er édition, toutes les cartes les indiquaient à l’aide de texte et chaque carte semblait spécifique. Ici, les effets ont été rassemblés en 7 catégories illustrées par des icônes. Ce qui permet d’apprendre le jeu plus facilement pour les joueurs et de ne pas avoir à localiser les cartes pour les éditions étrangères du côté de l’éditeur. De plus cela a forcé à rationaliser complètement le game design et de vraiment équilibrer les différents clans.

Si je dois parler des quelques petits défauts qui subsistent encore, la brillance sur les cartes les rends parfois difficilement lisibles et les couleurs ne ressortent pas assez pour distinguer réellement les clans. Quelques petits soucis d’ergonomies qui s’effacent quand même bien vite au fil des parties.

GOSU2at500

Conclusion.
GOSU Tactics est juste superbe. Les cartes sont magnifiques, le gameplay est complètement corrigé et le feeling est fidèle à la première édition. Certains regrettent que le premier GOSU n’ait pas été de cet acabit et ils ont raison. Mais doit-on regretter qu’un éditeur prenne la décision d’améliorer son jeu ? Je ne le pense pas. Surtout lorsque son potentiel est énorme mais qu’il ne l’atteint pas vraiment. GOSU Tactics est un jeu enfin abouti qui méritait de ne pas rester qu’une tentative à moitié réussi. Peut-on espérer pareille réédition avec l’extension Kamakor ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s