Chronique Papers, Please (de Lucas Pope)


Papers-Please-Logo

Un pays d’Europe de l’est, république populaire, ouvre ses frontières durant la guerre froide. Vous êtes « l’heureux » élu qui va devoir opérer à la frontière comme douanier. La république est généreuse, elle vous offre un salaire minable pour prendre soin de votre famille, un appart tout pourri et vous ordonne de bien faire votre travail. Les temps sont durs, et pas que pour vous !…

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Le Gameplay.
Jeu vidéo indé développé par Lucas Pope disponible pour PC et Mac, « Papers, Please » vous met à la place d’un officier des frontières. Vous devez donc filtrer les arrivées dans votre pays. Le jeu s’apparente à un jeu des 7 erreurs évolutifs au fil des jours qui passent. Les premières journées sont paisibles, vous ne devez accepter que les ressortissants de votre pays : L’Artstozka. Il suffit donc de vérifier la validité du passeport et la provenance de l’individu. Simple. Mais rapidement le gouvernement décide d’ouvrir les frontières aux étrangers… Il va falloir vérifier la validité des tickets d’entrées maintenant. Et puis voila que les étrangers doivent avoir un permis d’entrée et que les ressortissants doivent présenter leur carte d’identité. Dès qu’un détail vous semble un peu bizarre, un système d’enquête vous permet de mettre en valeur les éléments contradictoires afin de lancer un interrogatoire plus poussé. Il vous appartient alors de choisir si les excuses qu’on vous offre sont valables ou pas. Oserez vous aller contre les règles érigées par votre gouvernement ? Sachez que le jeu vous octroie 2 erreurs « gratuites » par jour avant de vous faire payer des pénalités, certaines en valent peut être le coup, au moins pour soulager votre conscience si aucune récompense ne s’avère être à la clé.
Les vérifications se font de plus en plus longues et exigeantes, mais vous devez garder le rythme si vous voulez pouvoir nourrir votre famille et garder votre appart ! Plus le jeu avance et plus vous disposez d’un arsenal de contrôle varié et puissant. Cabine de détention, scanner, empreinte digital… et même un fusil pour les plus indisciplinés ! A vous de l’utilisez à bonne escient pour repousser les resquilleurs. A la fin de la journée, un écran vous indique votre gain et vous allez devoir prioriser vos différentes factures (loyer, nourriture, chauffage).

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Le Feeling.
Présenté comme ça, « Papers, Please » n’a pas l’air très excitant. Mais la force du jeu ne provient pas de son gameplay pur mais de l’ambiance que le jeu arrive à instaurer. C’est un véritable thriller politique qui se déroule sous vos yeux. D’abord, il y a les petits malins qui veulent tromper votre vigilance avec de fausses identités. Pas question de les laisser passer, il en va de votre salaire… Mais ces visiteurs, seulement de passage, peuvent avoir de bonnes raisons de vouloir passer la frontière. Serez vous sensible à leur histoire ? Et puis peut être sauront-il mieux vous récompenser que votre pingre patrie. La difficulté augmente de journée en journée. Des terroristes du pays voisins veulent faire céder votre pays par la terreur, ils n’hésiteront pas à attaquer votre point de contrôle ! Des agents révolutionnaires veulent vous avoir pour complice ! Des meurtriers tentent de passer la frontière ! Et lorsque vous rentrez chez vous, ce n’est que pour affronter les problèmes du quotidien : facture à payer, prendre soin de votre femme qui crie famine, de votre fils qui est toujours malade à cause du froid… Il serait étonnant que vous ayez assez d’argent pour remédier à tous vos problèmes ! J’arrête là, ils seraient dommage de tout raconter, mais sachez que malgré son gameplay ultra répétitif, « Papers, Please » saura vous garder en haleine grâce aux multiples narrations, dilemmes moraux et même parfois grâce à ses quelques variations de gameplay inattendues.

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Les Choix Artistiques.
Ne pas se laisser abuser par le graphisme qui peut sembler vilain de prime abord. Une fois le jeu démarré, difficile de ne pas être convaincu par les choix artistiques. La page de présentation avec sa musique martiale vous place directement dans cet ambiance militaire, dictatoriale. Les « gueules » qui veulent passer votre point de contrôle participent aussi à cet immersion dans un univers fait de misère, de corruption, ou les gens tentent de survivre par tous les moyens. Ils ont tous grise mine, sans sourire, sans couleur. On imagine que leur vie est un enfer. Les sons ne sont pas en reste et participe à l’inconfort général : du bruit de ce rideau de fer qui s’ouvre chaque matin dans un vacarme désagréable au mégaphone qui annonce « suivant » d’une voix gutturale et effrayante.
Votre vie de famille n’est qu’un menu dans lequel vous indiquez comment vous dépensez votre argent mais on se surprend à prendre des décisions parfois radicales. Mais oui !!! Laissez mourir votre belle mère, ca fera une bouche de moins à nourrir !

Conclusion.
Bien que réalisé avec peu de moyen, doté d’un game design sommaire, de graphismes ultra rétro et volontairement disgracieux, « Papers, Please » est une aventure humaine ironique mais palpitante. Ne vous y trompez pas, « Papers, Please » est une fenêtre ouverte sur avec votre conscience, à prendre avec beaucoup de recul et d’humour, mais une fois que vous y aurez joué, il se peut que vous ne soyez plus tout à fait le même.

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